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Réunion des Amis du peuple syrien à Paris

vendredi 6 juillet 2012, par La Rédaction

Une centaine de pays occidentaux et arabes, réunis à la conférence des Amis du peuple syrien à Paris, vont chercher vendredi à faire pression sur Damas et Moscou pour un départ de Bachar el-Assad dans un énième effort diplomatique aux effets incertains, alors que le conflit armé en Syrie ne montrait aucun signe de répit. L’objectif affiché de cette troisième conférence des Amis du peuple syrien, qui sera ouverte par le président français François Hollande, est de montrer une forte mobilisation internationale en faveur d’une transition politique prévoyant la mise à l’écart du président syrien.

Mais les participants se réunissent sur fond de profondes divisions, d’une part entre membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, la Russie et Chine qui boycottent à nouveau ce forum refusant un départ forcé de Bachar el-Assad, d’autre part entre les différents courants de l’opposition qui n’arrivent pas à s’unifier. Dans ce contexte, Moscou a confirmé avoir été sollicité pour offrir l’asile politique au président Assad, tout en qualifiant la proposition de "plaisanterie". La secrétaire d’État américaine Hillary Clinton est partie jeudi pour Paris, tandis que le Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault, assurait que la France et les États-Unis travaillaient "main dans la main" sur le dossier syrien.

Pour tenter de nouveau de mettre fin à près de 16 mois de violences, la réunion de Paris réaffirmera sa "condamnation de la répression" et annoncera "des choses concrètes" pour faire pression sur le régime, soutenir la population et l’opposition, selon une source diplomatique. Les États-Unis prendront la tête des partisans d’un durcissement des sanctions de l’ONU contre le président syrien et son clan, ont pour leur part indiqué jeudi de hauts responsables américains voyageant avec Hillary Clinton.

Sur le terrain, les combats entre soldats et rebelles ainsi que le pilonnage de fiefs insurgés se sont poursuivis sans relâche jeudi. Au lendemain d’une nouvelle journée sanglante ayant fait près de 100 morts, en majorité des civils, le bilan des violences s’élevait jeudi matin à 27 morts à travers le pays, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Et le flux des réfugiés ne tarit pas dans les pays voisins. Entre 4 000 et 5 000 Syriens sont arrivés cette semaine en Jordanie, a annoncé jeudi le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR).

Un 15e général syrien et plusieurs officiers ont fait défection mercredi en passant en Turquie. Selon des experts, ces nouvelles défections entament le moral de l’armée sans l’ébranler. Washington s’est félicité de ces défections, le département d’État assurant qu’il y en avait "de plus en plus" et "espérant" qu’elles "continuent à un bon rythme". Dans un entretien jeudi au quotidien turc Cumhuriyet, Assad s’est targué une fois de plus du "soutien du peuple" syrien, assurant que les manifestants avaient été "payés" par des forces étrangères pour déstabiliser son pays. Depuis le début de la révolte, en mars 2011, le régime ne reconnaît pas l’ampleur du mouvement, qu’il assimile à du "terrorisme". "Si je ne disposais pas du soutien du peuple, j’aurais été renversé comme le shah d’Iran (Reza) Pahlavi. Tout le monde pensait que je partagerais le même sort, on s’est trompé", a ajouté Bachar el-Assad.

Face à la recrudescence des violences, le chef des observateurs de l’ONU en Syrie, le général Robert Mood, a critiqué la communauté internationale qui ne fait, selon lui, que palabrer dans de "beaux hôtels". Forcé de suspendre à la mi-juin les opérations des 300 personnes sous ses ordres en raison des violences, il s’est dit jeudi opposé à l’idée de leur fournir des armes, estimant que cela modifierait radicalement les relations avec la population.

Le 30 juin, à Genève, les grandes puissances, dont la Russie, ainsi que la Turquie et des pays arabes avaient trouvé un accord sur les principes d’une transition en Syrie avant de diverger sur son interprétation. Washington a estimé qu’il ouvrait la voie à l’ère "post-Assad", tandis que Moscou et Pékin réaffirmaient qu’il revenait aux Syriens de déterminer leur avenir. Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad, allié de Damas, a estimé que les Syriens devaient pouvoir "décider librement de leur destin". Et le chef de la diplomatie irakienne Hoshyar Zebari, dont le pays affiche une neutralité bienveillante à l’égard du régime, a écarté l’idée d’une sortie de crise comme au Yémen, où le chef de l’État a cédé la place à son vice-président en échange d’une immunité. L’opposition syrienne est également divisée et ses pourparlers, lundi et mardi au Caire se sont terminés, dans une ambiance tendue, certains en venant même aux poings.

Par ailleurs, le secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen, a appelé la Syrie à se garder de toute escalade avec la Turquie, après qu’un avion de combat turc eut été abattu par la défense syrienne. Enfin, WikiLeaks a commencé à dévoiler environ 2,5 millions de courriers électroniques sur la Syrie, mettant en cause notamment des entreprises occidentales qui ont collaboré, selon le site internet, avec Damas après le début de la répression.

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Un haut gradé proche d’Assad fait défection

Un haut gradé de l’armée syrienne, proche de la famille Assad et ami d’enfance du chef de l’État, a fait défection, a indiqué vendredi une source proche du pouvoir à Damas. Il s’agit de l’officier supérieur le plus prestigieux à faire défection. "Le général Mounaf Tlass a fait défection il y a trois jours et il semble qu’il ait quitté la Syrie", a affirmé cette source. Fils du général Moustapha Tlass, ancien ministre de la Défense et ami de longue date de Hafez el-Assad, le père de l’actuel chef de l’État, il avait fait partie de la "nomenklatura" syrienne. Originaire de Rastane, dans la province de Homs (centre), aujourd’hui aux mains des rebelles, ce sunnite, âgé d’une quarantaine d’années, a été un ami d’enfance de l’actuel président Bachar el-Assad.

Général dans la Garde républicaine, une unité d’élite chargée de la protection du régime, il avait été écarté il y a plus d’un an de ses responsabilités, car jugé peu fiable, selon cette source proche du pouvoir. Il avait tenté des missions de conciliation entre le pouvoir et le rebelles à Rastane et à Deraa (sud), mais sans succès. Depuis plusieurs mois, il avait troqué son uniforme pour des habits civils et se trouvait à Damas, où il s’était laissé pousser les cheveux et la barbe.

Une autre source à Damas a confié que la rupture avec le pouvoir avait été consommée lors de l’attaque en février-mars contre Baba Amr, un quartier de Homs contrôlé par les rebelles. Il avait refusé de prendre la tête de l’unité chargée de reprendre ce secteur et Bachar el-Assad l’aurait ensuite mis à l’écart. Selon des proches du général, toute sa famille se trouve déjà à l’étranger ainsi que son frère Firas, un homme d’affaires installé à Dubaï. Son cousin Abdel Razzak Tlass est le chef à Homs de la brigade Farouk, une unité combattante de l’Armée libre syrienne (ALS), composée en grande partie de déserteurs.

"Si la défection de Mounaf Tlass est confirmée, ce sera un coup douloureux pour le régime et les cercles proches car il était intime de la famille régnante", a affirmé le président de l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) Rami Abdel Rahmane. Cette défection intervient alors que plus de 16 500 personnes ont perdu la vie dans les violences en Syrie depuis le déclenchement de la révolte contre le régime de Bachar el-Assad à la mi-mars 2011, selon un dernier bilan de l’OSDH.

(06 jullet 2012 - Avec les agences de presse)

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