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Égypte : l’état d’urgence est décrété

mercredi 14 août 2013, par La Rédaction

L’état d’urgence a été décrété mercredi pour un mois en Egypte par le pouvoir mis en place par l’armée, après l’intervention sanglante des forces de l’ordre pour déloger les manifestants islamistes pro-Morsi de deux places du Caire, a annoncé la présidence. Au moins 124 manifestants ont été tués sur la seule place Rabaa al-Adawiya, selon le décompte d’un journaliste de l’AFP sur place, et les partisans du président Mohamed Morsi destitué par l’armée le 3 juillet multiplient les manifestations dans toute la capitale et d’autres grandes villes du pays.

Démission de Mohamed ElBaradei
Le prix Nobel de la paix Mohamed ElBaradei, qui avait apporté sa caution morale à la destitution de M. Morsi le 3 juillet par les militaires, a présenté sa démission. Il avait à plusieurs reprises plaidé pour une solution politique à la crise, répétant que les Frères musulmans devaient participer à la transition.

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Au moins 95 morts en Egypte, selon le ministère de la Santé
L’intervention des forces de sécurité égyptiennes au Caire et les affrontements avec des partisans du président destitué Mohamed Morsi ont fait au moins 95 morts dans toute l’Egypte, annonce le ministère égyptien de la Santé.
"Les morts sont à la fois des policiers et des civils. Nous attendons davantage de détails", a déclaré un porte-parole du ministère.
Les autorités font également état de 874 blessés.

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La fille d’un chef des Frères musulmans a été tuée
La fille de 17 ans d’un des principaux leaders des Frères musulmans, dont est issu le président déchu Mohamed Morsi, a été tuée par balles mercredi dans l’opération sanglante de la police et de l’armée pour disperser les manifestants islamistes au Caire, a annoncé la confrérie. Asmaa al-Beltagui, dont le père, Mohammed al-Beltagui, est l’un des rares principaux chefs de l’influente confrérie à n’avoir pas encore été arrêté, a reçu une balle dans la poitrine et une dans le dos lors de l’assaut de la police contre Rabaa al-Adawiya, occupée depuis plus d’un mois par les manifestants islamistes, a déclaré un porte-parole des Frères musulmans.

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Union européenne : "L’intervention policière" condamnée
Le président du Parlement européen, Martin Schulz, a "fermement condamné" l’intervention policière. "Les nombreuses morts dénombrées ce matin au Caire ne sont pas acceptables", a-t-il dénoncé, cité par un communiqué. Avant d’appeler le gouvernement égyptien à "assurer à tous les Égyptiens (...) la liberté de manifester de façon pacifique". "C’est la responsabilité du gouvernement actuel de trouver une issue juste et pacifique à la crise actuelle", a-t-il insisté. "La violence ne mènera à aucune solution et nous exhortons toutes les parties à faire preuve de la plus grande retenue", a déclaré un porte-parole de la Commission européenne au cours d’un point de presse. "Les informations sur le nombre de victimes et de morts sont extrêmement préoccupantes", a dit Peter Stano s’exprimant au nom du porte-parole de la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton.

Iran : Une "guerre civile" est possible
L’Iran a condamné un "massacre" en Égypte, après l’opération des forces de l’ordre qui a fait des dizaines de morts parmi les Frères musulmans, dans un communiqué publié mercredi par l’agence Fars. "L’Iran suit de près les événements amers en Égypte, désapprouve les actions violentes, condamne le massacre de la population et met en garde contre ses graves conséquences", affirme le ministère iranien des Affaires étrangères dans le communiqué. "Cette approche renforce la possibilité d’une guerre civile dans le grand pays islamique de l’Égypte", affirme le ministère qui appelle "toutes les parties à la retenue" en encourageant "le dialogue national et le processus démocratique" pour mettre fin à la crise. Les forces de l’ordre égyptiennes ont mis mercredi leurs menaces à exécution et ont commencé à disperser les partisans du président islamiste déchu Mohamed Morsi, dans une opération qui a rapidement tourné au bain de sang avec des dizaines de morts. L’Iran et l’Égypte n’ont pas de relations diplomatiques depuis plus de 30 ans à cause de l’accord de paix signé entre l’Égypte et Israël. La chute de l’ancien président Hosni Moubarak n’a pas permis de renouer ces liens.

Qatar : Des "innocents sans armes" ont perdu la vie
Principal soutien des Frères musulmans, le Qatar a dénoncé mercredi avec force l’intervention de la police égyptienne contre les partisans du président islamiste déchu, Mohamed Morsi. "Le Qatar dénonce avec force la méthode utilisée contre les manifestants pacifiques (...) qui a coûté la vie à un certain nombre d’innocents sans armes", a déclaré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères du Qatar.

Allemagne : "Empêcher une escalade de la violence"
"Nous appelons toutes les forces politiques à reprendre immédiatement le dialogue et les négociations et à empêcher une escalade de la violence", a déclaré le ministre allemand des Affaires étrangères, Guido Westerwelle. "Toute nouvelle effusion de sang en Égypte doit être empêchée. Nous appelons toutes les parties à retourner à un processus politique, qui inclut toutes les forces politiques", a-t-il ajouté. "Nous attendons du gouvernement de transition et des autorités égyptiennes qu’ils autorisent les manifestations pacifiques", a-t-il continué. "Et de la même façon, nous attendons de toutes les autres forces politiques qu’elles prennent clairement leur distance vis-à-vis de la violence et qu’elles n’agissent pas de manière violente", a-t-il dit.

Grande-Bretagne : "Agir avec retenue"
Le ministère britannique des Affaires étrangères a condamné mercredi "l’utilisation de la force pour disperser les manifestations" pro-Morsi au Caire et a appelé "les forces de sécurité à agir avec retenue" après les violences qui ont fait des dizaines de morts. "Je condamne l’utilisation de la force pour disperser les manifestations et appelle les forces de sécurité à agir avec retenue", a déclaré dans un communiqué le chef de la diplomatie britannique William Hague, qui s’est dit "profondément inquiet de l’escalade de la violence en Égypte".

Turquie : Une situation qui pourrait virer au "chaos"
"La communauté internationale avec en tête le Conseil de sécurité de l’Onu et la Ligue arabe doivent immédiatement passer à l’acte pour faire cesser ce massacre", souligne un texte publié par le service de presse du Premier ministre islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan. Recep Tayyip Erdogan, chef du parti islamo-conservateur de la Justice et du développement (AKP), ainsi que le président Abdullah Gül ont dès le début qualifié de "coup d’État" la destitution par l’armée du président égyptien Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, provoquant l’ire de la nouvelle direction au Caire. Abdullah Gül a, pour sa part, dénoncé une opération "inacceptable" de la police égyptienne contre les partisans de Mohamed Morsi, qui a tourné au bain de sang, craignant que la situation en Égypte ne dégénère en conflit comme en Syrie. "Ce qui s’est passé en Égypte, cette intervention armée contre des civils qui manifestent ne peut absolument pas être acceptée", a indiqué le chef de l’État devant la presse à Ankara, exhortant toutes les parties au calme. Abdullah Gül a dit redouter une situation qui pourrait virer au "chaos" en Égypte. "Nous voulons rappeler à tout le monde comment les violences avaient commencé chez notre voisin" syrien, a-t-il continué, appelant une nouvelle fois à la libération du président déchu et à l’organisation dans les plus brefs délais d’élections "transparentes" en Égypte.

(14-08-2013 - Avec les agences de presse)

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