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Nelson Mandela, notre frère, s’est éteint !

jeudi 5 décembre 2013, par La Rédaction


Écoutez "Azimbonanga" (Johnny Clegg)

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Nelson Mandela, héros la lutte contre le régime raciste d’apartheid et premier président noir de l’Afrique du Sud démocratique, est mort jeudi à l’âge de 95 ans, a annoncé le chef de l’Etat Jacob Zuma à la télévision. "L’ex-président Nelson Mandela nous a quittés (...) il est maintenant en paix. La Nation a perdu son fils le plus illustre", a déclaré le président Zuma lors d’une intervention en direct peu après 21 h 30 GMT. "Il s’est éteint en paix (...). Notre peuple perd un père", a-t-il ajouté avant d’annoncer que les drapeaux seraient mis en berne à partir de vendredi et jusqu’aux funérailles d’Etat dont il n’a pas annoncé la date.
"Exprimons la profonde gratitude pour une vie vécue au service des gens de ce pays et de la cause de l’humanité", a-t-il enchaîné. "C’est un moment de profond chagrin (...) Nous t’aimerons toujours Madiba". "Comportons nous avec la dignité et le respect que Madiba personnifiait", a ajouté Jacob Zuma, qui a utilisé le nom de clan du héros de la lutte contre l’apartheid, un nom utilisé familièrement par tous les Sud-Africains pour désigner leur idole. "Une grande lumière s’est éteinte", a réagi le Premier ministre britannique David Cameron, alors que le président américain Barack Obama devait s’exprimer vers 22H30 GMT.
Le décès de Mandiba provoque sans surprise l’émotion en Afrique du Sud où de nombreuses personnes affluent au domicile de l’ancien président sud-africain. Les réactions sont également déjà très importantes sur les réseaux sociaux. Les utilisateurs de Twitter saluent en masse "un grand homme et excellent exemple pour l’humanité", rappelant que "c’est un des hommes les plus importants du siècle".
Nelson Mandela, qui fut le premier président noir de son pays de 1994 à 1998, a été hospitalisé du 8 juin au 1er septembre pour une rechute d’une infection pulmonaire et probablement d’autres complications. Il avait ensuite été ramené chez lui, dans sa maison de Johannesburg qui avait été équipée comme un hôpital.

Prisonnier pendant 27 ans
Leader du combat des Noirs contre la ségrégation de l’apartheid, Nelson Mandela a passé 27 ans de sa vie en détention. Libéré en 1990, le plus célèbre prisonnier politique du monde devint quatre ans plus tard le premier président noir démocratiquement élu de son pays (1994-1999). Il s’était retiré dès la fin de son mandat, pour se consacrer à la protection de l’enfance et à la lutte contre le sida, fléau de l’Afrique du Sud.
Le "long chemin vers la liberté" (titre d’une autobiographie parue en 1994) de Nelson Rolihlahla Mandela a commencé le 18 juillet 1918 dans le hameau de Mvezo, dans le bantoustan du Transkeï (aujourd’hui province de l’Eastern Cape, sud-est) où il naît au clan royal des Thembu, de l’ethnie xhosa.
"J’ai lutté contre la domination blanche et j’ai lutté contre la domination noire", avait-il dit pour résumer son long combat pour la liberté : "Mon idéal le plus cher a été celui d’une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient en harmonie avec des chances égales. J’espère vivre assez longtemps pour l’atteindre. Mais si cela est nécessaire, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir".

Un "miracle"
Du bagne de Robben Island, au large du Cap, où il passera 18 ans, des prisons de Pollsmoor et de Victor Verster, Mandela inspire la révolte des townships (1976). C’est également en prison qu’il reçoit les approches secrètes du gouvernement blanc, prémices à des négociations avec l’ANC. Libéré le 11 février 1990, le détenu 46664 (numéro qui symbolisera sa grande campagne contre le sida) réapparaît face aux caméras du monde au côté de sa deuxième épouse Winnie, dont il se séparera deux ans plus tard.
Triomphalement élu à l’issue des élections du 27 avril 1994, il affiche dès son discours d’investiture la mission qui allait guider sa présidence. Convaincu que la société sud-africaine continuerait d’oeuvrer à faire du pays un "miracle", il avait promis : "Lorsque j’entrerai dans l’éternité, j’aurai le sourire aux lèvres".

Le mythe Mandela
Absent de la scène politique depuis plusieurs années déjà, "Madiba" faisait l’objet d’un véritable culte qui dépassait largement les frontières de son pays.Tour à tour militant anti-apartheid obstiné, prisonnier politique le plus célèbre du monde et premier président noir de l’Afrique du Sud, il avait été qualifié par l’archevêque Desmond Tutu, autre prix Nobel de la paix pour son engagement contre le régime sud-africain, d’"icône mondiale de la réconciliation".
Mandela restera dans l’histoire pour avoir négocié pied à pied avec le gouvernement de l’apartheid une transition pacifique vers une démocratie multiraciale. Et pour avoir épargné à son peuple une guerre civile raciale qui, au début des années 1990, paraissant difficilement évitable. Ce qui lui vaudra le prix Nobel de la paix en 1993, partagé avec le dernier président de l’apartheid, Frederik De Klerk. Mandela a passé plus de vingt-sept ans en prison, de 1964 à 1990, devenant peu à peu devenu le symbole de l’oppression des Noirs sud-africains, tandis que le monde entier manifestait et organisait des concerts pour sa libération.
Mais avant même d’être libéré, il avait appris à comprendre ses adversaires —allant jusqu’à apprendre leur langue, l’afrikaans, et leur poésie—, à pardonner, et à travailler avec eux. Une fois libéré, ils les a séduits par sa gentillesse, son élégance et son charisme.

Le premier président de la "nation arc-en-ciel"
Sous les couleurs du Congrès national africain (ANC), Mandela a été le premier président de consensus de la nouvelle "nation arc-en-ciel", de 1994 à 1999. Un rôle notamment magnifié dans le film "Invictus" de Clint Eastwood, où on le voit conquérir le coeur des Blancs en venant soutenir l’équipe nationale de rugby lors de la Coupe du monde de 1995, emportée par l’Afrique du Sud.
Nelson Rolihlahla Mandela était né le 18 juillet 1918 dans le petit village de Mvezo, dans le Transkei (sud-est) au sein du clan royal des Thembus, de l’ethnie xhosa. Il a rapidement déménagé dans le village voisin de Qunu, où il a passé, dira-t-il, ses "années les plus heureuses" —une enfance libre à la campagne peut-être idéalisée—, avant de recevoir une bonne éducation. Si son institutrice l’a nommé Nelson, son père l’avait appelé Rolihlahla ("celui par qui les problèmes arrivent", en xhosa). Et Mandela a très tôt manifesté un esprit rebelle.
Etudiant, il est exclu de l’université de Fort Hare (sud) après un conflit sur l’élection de représentants étudiants, avant de fuir sa famille à 22 ans pour échapper à un mariage arrangé. Arrivé à Johannesburg, le bouillant jeune homme prend vraiment la mesure de la ségrégation raciale qui mine son pays. C’est là, notamment au contact de Walter Sisulu, son aîné qui va devenir son mentor, que se forge une conscience politique qui a évolué avec le temps : jeune, Mandela aurait volontiers chassé les Blancs du pays.

A la tête de l’ANC
Après avoir fondé la Ligue de la jeunesse de l’ANC (Congrès national africain), il prend rapidement les rênes du parti, jugé trop mou face à un régime qui a institutionnalisé l’apartheid en 1948. Après l’interdiction de l’ANC en 1960, Nelson Mandela passe dans la clandestinité. C’est lui qui préside à la fondation d’une branche armée de son parti. Arrêté de nouveau en 1962, il est condamné à la prison à perpétuité deux ans plus tard.
Pendant son procès, il prononce une plaidoirie en forme de profession de foi : "J’ai lutté contre la domination blanche et j’ai lutté contre la domination noire. Mon idéal le plus cher a été celui d’une société libre et démocratique dans laquelle tous vivraient en harmonie avec des chances égales. J’espère vivre assez longtemps pour l’atteindre. Mais si cela est nécessaire, c’est un idéal pour lequel je suis prêt à mourir."
Invisible en public depuis 2010, il était devenu une sorte de héros mythique, intouchable, invoqué tant par le pouvoir que par l’opposition. Il continuera longtemps à sourire chaque jour à tous ses compatriotes.

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Premières réactions
Le décès de Nelson Mandela suscite l’émoi partout dans le monde et provoque de nombreuses réactions politiques. Pierre Laurent, du PCF, rend hommage au "symbole de la lutte pour l’émancipation humaine" rappelant qu’il "restera à jamais (...) une de ces figures universelles qui marquent l’histoire. (...) Toute la destinée d’un peuple s’est incarnée en lui. (...) La lutte contre l’apartheid, jusqu’au boycott, et pour la libération de Nelson Mandela ont profondément marqué l’histoire du Parti communiste français. (...) Aujourd’hui, le deuil des Sud-Africains est celui de l’humanité toute entière."
Le président français François Hollande a rendu hommage jeudi soir à Nelson Mandela voyant en lui "un résistant exceptionnel" , "un combattant magnifique", selon un communiqué de l’Elysée.
Quant à Bertrand Delanoë, il loue le "fer de lance de la lutte contre l’apartheid", expliquant que "Nelson Mandela a été le principal artisan de la prise de conscience internationale en faveur de la justice en Afrique du sud. Les quatre longues décennies qu’il a consacrées à cette lutte terrible montrent à tous les peuples ce que peuvent le courage, la dignité et l’abnégation face à l’oppression.. Le maire de la ville de Paris ajoute que Nelson Mandela "a offert à l’humanité le témoignage extraordinaire d’un homme victime de l’injustice qui refuse la vengeance et voue le reste de son existence à promouvoir la concorde et la paix. (...) Nelson Mandela symbolise une humanité capable de lutter et de souffrir pour ce qui est juste, mais également de pardonner pour se donner la chance du bonheur."
Le Premier ministre britannique David Cameron a déclaré jeudi qu’"une grande lumière s’est éteinte" après le décès de Nelson Mandela, ajoutant que le drapeau britannique allait être mis en berne devant son bureau à Downing street. "Une grande lumière s’est éteinte dans le monde", a écrit David Cameron sur son compte Twitter. "Nelson Mandela était un héros de notre temps. J’ai demandé que le drapeau soit mis en berne au no 10" du Downing street, a-t-il précisé après la mort jeudi du premier président noir d’Afrique du Sud, Nelson Mandela à l’âge de 95 ans.
Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon salue quand à lui "une source d’inspiration" pour le monde. "Nous devons nous inspirer de sa sagesse, de sa détermination et de son engagement pour nous efforcer de rendre le monde meilleur", a-t-il déclaré à la presse au siège de l’ONU.

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Le monde salue le courage et l’influence de Nelson Mandela
Les réactions saluant le "courage" et "l’influence" de Nelson Mandela ont afflué jeudi soir à l’annonce de la mort de l’ancien président sud-africain, symbole de la lutte contre l’apartheid, décédé à son domicile à l’âge de 95 ans.
Le président américain Barack Obama a estimé qu’avec la disparition de Nelson Mandela "le monde avait perdu l’un des êtres humains les plus influents et les plus courageux et les plus sincèrement bons".
Obama a reconnu que sa vie n’aurait pas été la même sans l’ancien opposant sud-african qui a vécu pendant 27 ans en prison.
L’héritage le plus profond que laisse Mandela est celui d’une Afrique du Sud en paix avec le monde, a-t-il ajouté. Mandela fut un homme qui a pris "l’histoire en main et qui a courbé l’arc de l’univers moral vers plus de justice", a ajouté le président américain. "Il a accompli plus que l’on pouvait attendre d’un homme".
Pour le Congrès national africain (ANC), l’Afrique du Sud et le monde ont perdu un "colosse, un modèle d’humanité, d’équité, de justice et de paix". "Sa vie nous a donné le courage d’oeuvrer en faveur du développement et progrès pour mettre fin à la faim et à la pauvreté", écrit l’ANC dans un communiqué.
"Nelson Mandela aura fait l’histoire. Celle de l’Afrique du Sud et du monde tout entier", rappelle le président français François Hollande dans un communiqué.
"Combattant infatigable de l’apartheid, il l’aura terrassée par son courage, son obstination et sa persévérance. (...) Le message de Nelson Mandela ne disparaîtra pas, il continuera d’inspirer les combattants de la liberté et de donner confiance au peuple dans la défense des causes justes et des droits universels", ajoute le chef d’Etat.

(05-12-2013 - Avec les agences de presse)

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