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Bombardement d’une école à Gaza : "un acte criminel", selon l’ONU

dimanche 3 août 2014, par La Rédaction

Au moins dix Palestiniens ont été tués dimanche dans une nouvelle frappe sur une école de l’ONU et des dizaines d’autres ailleurs dans la bande de Gaza alors même qu’Israël opérait un début de retrait de ses troupes au sol.

Au 27ème jour de la guerre, 71 personnes ont encore péri dans le seul secteur de Rafah, soumis à un déluge de feu depuis vendredi, selon les secours locaux.

C’est là qu’au moins dix personnes ont trouvé la mort dans un bombardement qui a touché une école de l’ONU accueillant environ 3.000 réfugiés, selon les secours.

"C’est un scandale du point de vue moral et un acte criminel", ainsi qu’une "nouvelle violation flagrante du droit humanitaire international", s’est indigné le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon sans désigner expressément Israël, mais en soulignant que l’armée israélienne est informée de la localisation des refuges de l’ONU.

Un correspondant de l’AFP a rapporté des scènes de chaos, les secouristes se démenant comme ils pouvaient pour évacuer les blessés, au milieu de Gazaouis courant hors d’haleine dans les mares de sang avec des enfants dans les bras.

Prises par les photographes de l’AFP à la morgue, les images de bébés morts ou de proches pleurant les neuf membres de la famille al-Ghul décimée par une frappe sur leur maison rendent compte du sort subi depuis vendredi par la population de Rafah.

Cette cité étendue débordant sur l’Egypte au sud de l’enclave palestinienne est sous le feu des avions et des canons depuis que trois soldats israéliens y ont été tués vendredi au cours de combats qui ont fait voler en éclats le seul cessez-le-feu accepté à la fois par Israël et le Hamas. Deux cents personnes au moins y ont péri sous les bombes.

Selon des sources médicales, la guerre a tué environ 1.800 Palestiniens. Côté israélien, 64 soldats et trois civils ont été tués.

"Cette folie doit cesser", a dit le secrétaire général de l’ONU tandis que les appels au cessez-le-feu d’une communauté internationale jusqu’alors impuissante se faisaient à nouveau plus pressants.

C’est la troisième fois en dix jours qu’une école de l’ONU est atteinte. Une trentaine de Palestiniens ont déjà été tués dans des frappes sur des écoles à Beit Hanoun le 24 juillet et à Jabaliya le 31 juillet.

Les Palestiniens accusent les Israéliens. Le tir de Jabaliya a été présenté par les Nations unies et même l’allié américain comme le fait probable des Israéliens. Ces derniers accusent le Hamas de se servir des civils comme de boucliers humains et des hôpitaux et des écoles pour tirer des roquettes sur Israël.

L’armée israélienne a dit examiner l’origine du tir sur l’école de Rafah.

Israël poursuit cependant l’opération "Bordure protectrice", déclenchée le 8 juillet pour tenter de faire cesser les tirs de roquettes et détruire les tunnels permettant au Hamas d’intervenir sur le sol israélien.

Mais l’armée israélienne a confirmé pour la première fois officiellement dimanche avoir entrepris de retirer un certain nombre de troupes, sans préciser combien, tandis qu’elle en redéployait d’autres à l’intérieur de la bande de Gaza.

"Nous en retirons certaines, nous en changeons certaines (de position) à l’intérieur (du territoire), cette mission est en cours", a dit à l’AFP le porte-parole de l’armée, Peter Lerner.

Une centaine de chars auprès desquels des soldats s’affairaient ou prenaient du repos stationnaient dimanche après-midi côté israélien après avoir franchi la frontière de Gaza qu’ils avaient passée dans l’autre sens le 17 juillet, quand l’armée avait mis en oeuvre la phase terrestre de "Bordure protectrice".

Sans parler de début de retrait, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait laissé entendre samedi soir que "Bordure protectrice" allait entrer dans une nouvelle phase, maintenant que l’armée avait presque achevé son entreprise de démolition des tunnels.

Cette partie de l’opération sera terminée "probablement au cours des prochaines 24 heures", a assuré M. Lerner. Mais "la mission se poursuit, elle n’est pas terminée", a-t-il répété, précisant juste : "On change de braquet".

Samedi soir, M. Netanyahu et le Hamas ont affirmé leur détermination à poursuivre le combat.

Un "désastre sanitaire de grande ampleur" est pourtant en train de se produire dans la bande de Gaza, dont les 1,8 million d’habitants sont pris au piège des combats sur un tout petit territoire, s’est alarmée l’ONU.

La situation à Gaza est devenue "intolérable" pour la population civile, a abondé le ministre britannique des Affaires étrangères, Philip Hammond. M. Hammond, mais aussi l’Union européenne et la Chine ont demandé aux deux belligérants un arrêt immédiat des combats.

Mais, après l’échec d’un cessez-le-feu vendredi, Israël a délivré le message de la plus grande fermeté pour signifier que le conflit s’achèverait selon les termes qu’il déciderait, et qu’il n’y aurait aucune concession faite à une organisation selon lui aussi peu digne de confiance que le Hamas.

Israël a ainsi décidé de ne pas envoyer de représentants au Caire où une délégation palestinienne incluant six membres du Hamas se trouvait dimanche pour des discussions sur un cessez-le-feu.

Le chef en exil du Hamas Khaled Mechaal a répété que son mouvement n’accepterait pas de cessez-le-feu sans un départ des troupes israéliennes engagées dans Gaza.

Le Premier ministre israélien a renchéri dans l’intransigeance samedi en liant la bonne volonté de son pays, quand sera venu le temps de la reconstruction, au désarmement de la bande de Gaza.

(03-08-2014 - Avec les agences de presse)

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